Science à géométrie variable

La découverte par un pêcheur commercial d'une carpe de roseau dans le fleuve en 2016 et confirmé par les recherches d'ADN de Louis Bernatchez à provoqué un faux sentiment d'urgence pour un phénomème que nous avons vécu à plusieurs reprises dans le passé dans le fleuve avec l'arrivée de la carpe commune, de la moule zébrée, du gobie à tache noire qui ont tous été déclarés comme des catastrophes épouvantables. Il ne faut pas minimiser l'impact d'une autre espèce envahissante dans le fleuve et nous devons déployer les efforts nécessaires pour minimiser ses impacts, mais nous devons le faire en toute connaissance de cause.

Le 28 février 2017. le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs annonçait en grande pompe, sans avertir les partenaires fauniques, un « Programme québécois de lutte contre les carpes asiatiques » en invoquant « l'urgence » de la situation. Or, le ministère n'a jamais pris le temps de faire une étude du même type que « LA VÉRITÉ SUR LES CARPES ASIATIQUES ET LEUR DEVENIR AU QUÉBEC » de Raymond Faucher et n'a toujours rien publié de semblable à ce jour. Pourtant leur discours a évolué, ils ne parlent plus d'une carpe de roseau qui occuperait jusqu'à 90% de la biomasse en faisant un amalgame de toutes les espèces, on ne parle plus d'introduction d'espèces envahissantes avec les poissons-appâts mais plutôt de propagation. Tout comme nous venons de le vivre dans le dossier du Caribou de Val d'Or, nous nous rendons compte que le ministère prend des décisions sans fondement scientifique, il en est de même dans le cas de la carpe de roseau.

Force est de constater que nous sommes devant une «science» à géométrie variable. On invoque la science sans la partager en invoquant « des documents internes », on renie même sa propre science quand elle ne fait pas son affaire et les gens du ministère disent que la pêche sans les poissons-appâts vivants « devrait » fonctionner l'hiver quand leurs propres études prouvent le contraire.

Le ministère publie un avis scientifique comme justification de leur décision pendant que nous sommes en mesure de faire une analyse des impacts de la carpe de roseau dans le fleuve!

C'est ce double discours qui est intolérable, cette prise de décision orientée par une philosophie unique en Amérique du Nord qui oublie que l'humain fait aussi partie de son environnement. L'illusion de la science plutôt que la science.

Déformer des propos

Le ministère cite à profusion le document « The Introduction and Spread of Aquatic Invasive Species through the Recreational Use of Bait » comme source d'information dans leur prise de décision mais si vous prenez le temps de lire le document, vous vous rendrez compte qu'il est question de déplacements d'espèces d'un cours d'eau à un autre ce qui est interdit au Québec depuis fort longtemps. Lorsque l'on parle de conservation de pêche aux poissons-appâts vivants on parle de le faire dans le circuit fermé du fleuve et de ses affluents.

Selon le dictionnaire Larousse, la science se définie comme un : « Ensemble cohérent de connaissances relatives à certaines catégories de faits, d'objets ou de phénomènes obéissant à des lois et/ou vérifiés par les méthodes expérimentales. » Il serait grand temps que le ministère de la Forêts, de la Faune et des Parcs le comprenne.